Charles Acek, des murs aux trains

Sa première bombe aérosol à la main, Charles Acek, originaire de la Rive Sud, s’est aventuré dans une patinoire puis a peint son premier graff. De la patinoire aux usines désaffectées, des ponts aux trains, depuis décembre 2010, il ne s’arrête plus. Sa passion pour le graffiti ferroviaire, son goût pour la peinture sur toile ainsi que son œil pour la photographie en font un artiste à plusieurs facettes. Ayant participé à la deuxième édition d’Artflip plus tôt dans l’année, à Sherbrooke, il expose cette fois-ci jusqu’au 30 avril à la Galerie Fresh Paint pour la première édition montréalaise de l’événement, aux côtés d’une cinquantaine d’artistes.

 

Fresh Paint – Qu’est-ce qui a déclenché ton désir de passer du dessin papier au mur et à t’aventurer dans un terrain abandonné, bombe aérosol à la main, la première fois ? Tu graffes depuis combien de temps ?
Charles Acek – On dessinait tout le temps dans la famille. Mon frère m’a inspiré, il dessine beaucoup, par pur plaisir. Puis, un jour ma mère m’a offert ma première bombe aérosol et je suis allée me promener.
Mon premier graffiti était sur une patinoire, ensuite des murs. Au début, j’en faisais avec un ami graffeur. Depuis un peu plus de 5 ans, je graffe sur la Rive Sud et Montréal : des usines abandonnées, des ponts, des trains…

FP – Que ressens-tu quand tu es seul dans un lieu isolé et que tu t’apprêtes à créer à l’abri de tout
regard ?
CA –
Parfois, je peins pendant 10h et d’autres fois très rapidement. Mon moteur c’est la satisfaction de
réussir ce que je fais, l’action de peindre et mélanger les couleurs, également l’adrénaline qui embarque. Lorsque je graffe, l’espace devient une zone de pensée libre, un lieu d’évasion où se créé un moment de détente.

FP – T’arrives t-il de participer à des murales collectives ?
CA – Pour les trains, je créé avec le collectif de graffeurs AM (All Metal) et le collectif multidisciplinaire N2N (“End to end” : de l’extrémité à une autre du train). Pour les murales, je graffe avec Crane, N2N, 203, Naimo et Lyfer. Il y a plusieurs cliques, on rencontre toujours beaucoup de gens.

FP – Quelle dimension l’anonymat donne à ton art ?
CA – Je ne me suis jamais vraiment caché de dire qui j’étais. Je signe avec mon nom de graffeur qui est différent de mon nom complet car il représente une partie de ma vie comme artiste de rue, mon cheminement en tant qu’Acek. Toutefois, je souhaite m’identifier et être présent.
C’est une tune de Dr. Dre qui m’a inspirée à choisir le pseudonyme “Charles Acek” : “You try to be the king but the Ace is back“.

Painting

 

FP – Tu es un artiste éclectique, en quoi se différencie ton processus créatif selon que tu t’apprêtes à peindre sur un mur, de la toile ou à faire de la photographie ?
CA – L’environnement est ce qui différencie ma façon de créer selon que je peins sur des murs, sur de la toile ou que je photographie. J’aimerais que les gens puissent regarder les trains que je graffe comme les toiles que je réalise. Je veux exploiter le figuratif, pousser le graffiti de façon aussi approfondie que la peinture sur toile, faire de l’art abstrait aussi bien sur les trains que dans la rue et sur des toits.
La photographie, j’en faisais avant de créer avec une bombe aérosol, puis j’ai commencé à immortaliser mes graffiti en les photographiant soit au complet, soit en partie en mode close-up pour mettre en avant un détail.
Quand je graffe sur des trains de marchandises, je m’inspire de la peinture sur toile et j’aime le lettrage structuré et volumineux, exploiter les textures, créer des connexions et des effets. J’ai l’impression que j’embellis le train. J’aimerais rendre le graffiti accessible aux gens.
Lorsque je créé une toile ou une photographie, j’aime sous-entendre le graffiti, qu’il ne soit pas le sujet principal de l’œuvre mais qu’il demeure présent d’une autre manière.

FP – De quelle façon souhaiterais-tu que ton avenir artistique évolue ?
CA – Je veux m’investir dans l’art montréalais. Mes projets et souhaits pour le futur : une exposition personnelle avec des toiles en grand format, une exposition collective avec des amis du street art et d’autres artistes que j’apprécie. J’aimerais vraiment créer des événements autour de l’art de rue, mêler des shows de hip hop au graffiti et encourager l’art en réunissant des artistes de styles différents. Je souhaite organiser un festival d’art de rue sur la Rive Sud durant l’été.

 

La sélection Cultiz #011

Au cas où tu ne le savais pas encore, Fresh Paint Gallery s’est associé au webzine français CULTIZ, pour te faire découvrir toujours plus d’artistes et de nouveaux talents. Check ça!

 

Cultiz01Ce mois-ci on part au Japon, à la découverte de Masashi Wakui. Le photographe amateur parcours sa ville de Tokyo toutes les nuits pour nous offrir des photographies relatant la vie des Tokyotes. Pas de nightlife et wildparty ici, plutôt des images des rues où les néons des enseignes de magasins de reflètent dans la pluie. Voyez par vous-même.

 

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On continue dans la photographie de rues avec Aude Dib, artiste photographe et peintre. Building, montée d’escalier, siège d’autobus, ou encore structure en acier. Tout est objet à être photographié selon Aude Dib. En ce concentrant sur des détails architecturaux qui l’entoure, l’artiste Française nous offre des images colorés, minimalistes et épurées. A voir sur Cultiz!

 


Retour au Graffiti, avec une intrevue Grems, rappeur, graphiste mais aussi graffiteur. A l’occasion d’un festival d’art Urbain, Cultiz s’est entretenue avec le français pour parler du lien entre son graff et son rap!

La sélection Cultiz #010

Au cas où tu ne le savais pas encore, Fresh Paint Gallery est associée au webzine français CULTIZ. Après quelques mois d’absence, nous revoilà avec une séléction “on point”.

Syrk
Actif depuis seulement 2014, Syrk est un artiste français qui utilise la couleur bleu comme élément majeur de ses murales. Fortement influencé de l’illustration, il peint avec une bonne dose d’humour des scènes morbides-enfantines.
Pour en voir plus va sur Cultiz!

Fio Silva
Fio Silva s’est lancé à la poursuite du monde. L’artiste Argentine parcourt 40 pays et réalise une murale avec un artiste local à chacun de ses arrêts. Les différents styles des artistes ont su trouvé un juste équilibre pour donner naissance à des pieces assez incroyables où le domaine animalier et de la nature domine en permanence. Check ça!

Warren SebastianOn délaisse le spray can pour s’intéresser à la photographie. Cette fois-ci c’est Warren Sebastian, photographe anglais, qui nous fait découvrir sa ville de Brighton. Entre familles à la plage et scènes de rue, l’artiste nous fait découvrir la vie quotidienne de ses anglais rencontrés au détour de ses promenades photographiques.

La sélection Cultiz #009

Au cas où tu ne le savais pas encore, Fresh Paint Gallery est associée au webzine français CULTIZ. Chaque fin de mois, on s’associe le temps d’un article pour vous faire découvrir encore plus d’artistes. Ce mois-ci on se la joue Photographie.

CULTIZ 01

Jamais sans son appareil photo, la française Camille Léage, parcours le monde depuis des années. D’abord utilisée comme souvenirs de vacances, la photographie est devenue pour elle, un outil témoignant culture, rites et vie quotidienne des quatre coins du monde. La jeune Parisienne nous fait alors découvrir des endroits lointains et éveille des envies de voyages.
Clic ici pour découvrir son entrevue avec Cultiz.

CULTIZ 02

Changement d’ambiance avec les photographies de John Patterson, qui nous emmène dans sa ville natale de Baltimore. Sur un fond de violence et de pauvreté, le photographe capture des instants de joie et du quotidien pour montrer que dans ce décor de The Wire, malgré les dernières émeutes, la vie suit son cours.
Viens en découvrir plus.