Interview: Eric Clément

The eighteenth edition of the Under Pressure festival is coming soon. To make the wait go faster, we met with some of the artists who participated in the previous editions and talked to them  about Under Pressure and the importance of the festival in their opinion and how it has influenced or helped their careers.

La dix-huitième édition du festival Under Pressure arrive à grands pas! Histoire de vous faire patienter, on est parti à la rencontre d’artistes ayant déjà collaborés avec Under Pressure, afin qu’ils nous donnent leur point de vue sur le festival, et l’influence qu’il a eu dans leurs carrières.


Based in Montreal, Eric Clément is interested in the Urban Culture for almost twenty years. MC, producer, and visual artist, he is very active in the hip hop scene. He is inspired by logos and pop culture images, he uses and adapts those symbols to his universe.

Under Pressure: Can you tell us about your experience with the Under Pressure Festival.
Eric Clément: My experience as a spectator started when I was in grade 7 or 8. I’m 30 years old now so that’s almost two decades. I remember looking forward to the festival every summer because it brought the world of graffiti, skateboarding, hip hop and break dancing right to our front door. In retrospect, I don’t even think we realized how rad it was that writers would come from all over the place to get down here and the festival gave me and my friends the opportunity to meet the artist who inspired us to get into music and art ourselves, it was a pretty huge in terms of sparking an interest in art.

UP: This year marks the 18th edition of UNDER PRESSURE, what are your impressions and comments on the last 18 years, do you think Under Pressure has played a role in the acceptance and education of urban culture in Montreal and its evolution ?
EC: First of all, it’s really a special thing to see a festival of this nature have such longevity. I think like with any art, there is a wave effect in terms of popularity and general interest and it’s awesome to see a festival that has managed to bring a consistently high calibre of work for almost 20 years. Without a doubt, Under Pressure has played a key role in showcasing and educating the general population about the craft and skill involved with all the art forms that are included in the festival. In terms of fostering the evolution of the scene the evidence is in the list of artists and performers who have participated.

UP: At a time where there is a clear commercialization of urban art, graffiti and street art, Under Pressure has maintained and stood the test of time while cartering to a larger public and helping build a constant following. What do you think the secret is in the longevity of Under Pressure ?
EC: I think the issues of commercialization have always been present in urban art. For as long as people have been making dope stuff, there have been people looking to cash in on it. I don’t think that will ever go away but I also think that people whose hearts are really in it don’t even stress that. I think the real destructive force of commercialization lies in the fact that it does not place an importance on history and the roots of movements. That’s a dangerous thing. I think the secret to Under Pressure’s longevity is pretty simple: the people who spend their time and energy putting it on really care about the art, as do the artist who lend their talent. That’s the bottom line.

UP: You have also participate Under Pressure’s FRESH PAINT Gallery project and have exhibited there, has your approach for the gallery been different from your approach to the festival ?
EC: Well, yeah, because I have also performed as a musician in the Festival. I mean the motivation is the same but technically the approach is different for visual art. In the first Fresh Paint space, I collaborated with
Trevor Wheatley and the challenge there was to contend with the sheer size of the space and its architecture. I think growing up seeing graffiti and knowing writers helps you to tackle large spaces with more confidence. One of the unique things about the space at Le Patrie is that it is indoors but also open to the public while we work. It allows us to have the same type of public contact as the artist working outside at the festival might have.

UP: What consequences/effects has the festival and the gallery had on your carreer  and your perception of urban culture, street art and graffiti as an artist?
EC:I would say the festival really helped to reinforce my interest in graffiti. I came up making hip hop music and the relationship has always been close with graffiti, break dancing and skateboarding. The festival brought all those together every year as we grew up. As far as the Gallery is concerned, it has been a great opportunity to for me to take on large-scale projects. I have been really lucky to have been given the space and the freedom to do what I want, while constantly challenging myself. I think graffiti, urban culture and street art are in constant flux so it’s difficult to say how my perception is changed but without a doubt, the Festival has done a good job of showcasing these art forms without interfering or diluting them from their pure state.

Eric Clément is now exhibiting at the  Fresh Paint Gallery.

Eric Clément est un artiste Montréal qui s’intéresse à l’art urbain depuis presque vingt ans. En plus d’être actif dans la scène Hip-Hop en tant que MC et producteur, il exerce en tant qu’artiste visuel. Il s’inspire des logos et des images de la culture pop qu’il recontextualise et adapte à son univers.

Under Pressure: Peux-tu nous parler de ton rôle au sein du festival.
Eric Clément:  Ma relation avec le festival a commencé en tant que spectateur. J’étais en grade 7 ou 8, et j’ai maintenant 30ans, c’était donc il y a presque 20ans! Je me rappelle que chaque été j’attendais le festival avec impatience, parce qu’il mettait la culture du graffiti, du skate board, du hip hop et du break dance  en avant de la scène. Avec le recul, je ne pense que nous réalisions à quel point c’était énorme d’avoir des graffeurs qui venaient des quatre coins du monde pour le festival. Under Pressure nous a permis à mes amis et moi de rencontrer des artistes qui nous ont inspirés et motivés à nous lancer dans la musique et l’art.

UP: Cette année marque la 18ème édition d’Under Pressure, quel est ton regard sur ces 18 dernières années. Penses-tu qu’Under Pressure ai joué un rôle dans la réception de la culture urbaine à Montréal et dans son évolution?
EC:  Avant tout, ce n’est vraiment pas commun de voir un festival de cette sorte avec une telle longévité. Je pense que n’importe quel art connait une vague de popularité et d’intérêt général, et c’est génial de voir un festival qui depuis presque 20 ans travaille à l’accroissement constant de sa qualité.
Sans aucun doute, Under Pressure a joué un rôle dans l’éducation du public et dans la mise en valeur du talent et des compétences impliquées dans toutes formes d’art prenant part au festival. Quand on voit la liste d’artistes et performeurs ayant participés au festival, son implication dans l’évolution de la culture urbaine à Montréal me semble une évidence.

UP: A l’heure où il y a une certaine commercialisation de l’art urbain, Under Pressure prone un accès pour tous à la culture urbaine. Penses-tu que ce soit le secret de sa longévité ?
EC: Je pense que la question de la commercialisation a toujours été présente en art urbain. Dès que quelqu’un réalise quelque chose de génial, il y a toujours des gens qui cherche à mettre un prix dessus. Je ne pense pas que ça s’arrêtera un jour mais je pense que les gens qui sont vraiment dans ça, ne s’en préoccupe pas vraiment. Je pense que la véritable force destructrice de la commercialisation réside dans le fait qu’elle ne porte pas d’importance à l’histoire et aux racines du mouvement. C’est ça qui est dangereux. Je pense que le secret de longévité d’Under Pressure est assez simple: Des gens qui dépensent leur temps et leur énergie dans un réél intérêt pour l’art, tout comme les artistes qui prêtent leur talent. Enfin c’est mon opinion.

UP: Tu as aussi travaillé pour Fresh Paint, approches-tu ton travail différemment selon qu’il soit destiné au festival ou à la galerie ?
EC:  J’ai participé au festival en tant que musicien. La motivation est la même, mais techniquement l’approche est différente par rapport à en art visuel. Pour le premier espace Fresh Paint, j’avais collaboré avec
Trevor Wheatley et le challenge était de travailler avec l’immense espace et son architecture. Je pense qu’avoir grandit en regardant et fréquentant des graffeurs t’aide à approcher les grands espaces avec confiance. Une chose unique à propos de l’espace “La Patrie” c’est que tu travailles en intérieur mais c’est ouvert au public pendant qu’on travaille. Ca nous permet d’avoir le même genre de contact avec le public que les artistes peuvent avoir en travaillant dehors pendant le festival.

UP: Quelle conséquence/influence a eu ta participation au festival sur ta carrière et sur ta perception de la culture urbaine ?
EC: Je dirais que le festival a d’avantage renforcé mon intérêt pour le graffiti. Je suis arrivé en faisant du hip hop et la relation a toujours été proche avec le graffiti, le break dance et le skate board. Le festival réunissait tout cela chaque année. L’ouverture de la galerie m’a donné l’opportunité de travailler sur des projets à grande échelle. J’ai été chanceux d’avoir cet espace à ma disposition et d’avoir la liberté de faire ce que je voulais, c’était un vrai challenge pour moi même. Je pense que le graffiti, la culture urbaine et le street art sont en constante évolution, c’est difficile de dire comment ça a changé ma perception, mais sans aucuns doute le Festival a fait du bon travail en ce qui concerne la mise en valeur de ces formes d’art sans pour autant interférer et modifier leur essence propre.

Eric Clément expose actuellement à la galerie Fresh Paint!