Entrevue dans l’antre de Monstr

Test Bandeau Ben

Explique nous ta formation de base en France et ce qu’elle t’a apporté.

J’ai commencé par un bac pro en communication graphique en Haute Savoie. Pendant 4 ans j’ai fait beaucoup de dessin, des stages …

Après ça je suis parti 1 an à Paris où j’ai pratiqué beaucoup le collage et fait une prépa en arts assez libre. Partir à Montréal ça s’est fait sur un coup de tête. Et ça fait deux ans que je suis là ! Arrivé ici je voulais reprendre les cours, j’ai décidé d’aller en design graphique à l’UQAM mais j’ai arrêté…

Bon ok Monstr, l’école c’est pas trop ton truc… Parle nous de l’évolution de ton travail ? 

Avant j’étais plus dans le graphisme, dans le design ensuite je me suis mis à faire beaucoup de skates, de choses dans le bois. Quand je suis arrivé ici j’ai eu de la chance parce que j’ai rencontré directement Sterling et Adrien de la galerie. Plus tard, j’ai rencontré les gars de C’est beau, tout ça m’a apporté de la visibilité et je me suis fait tout mon réseau.

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En quoi Montreal t’apporte quelque chose de plus ou de différent ? Et le fait d’avoir immigré ?

Le truc qu’est cool quand tu voyages, c’est que tu dois apprendre toute une culture, ça te fait changer en tabarnak ! C’est la meilleure chose du monde ! Et surtout, j’ai rencontré plein de nouvelles personnes ici qui font de la peinture, de la photo, de la vidéo, ça m’a fait avancer plus vite ou du moins d’une manière différente.

Comment tu t’inscris dans le mouvement street art ?  

Ou comment tu t’en sers ?

En ce moment je suis un peu moins dehors mais là j’ai vraiment envie de m’y remettre. Le street art c’est plus une inspiration, toute la démarche artistique est basée sur la rue, puis avec le skate, les potes et tout ça, on est tout le temps dehors, c’est tout ça qui m’a fait comprendre que je voulais peindre.

Pourquoi un travail en noir et blanc, sans réelle perspective ?

Pour moi le noir a une force à lui seul, dès que t’utilises de la couleur tu perds quelque chose, c’est une distraction pas forcément utile.

Dans les échafaudages c’est de la fausse perspective, plus du volume. Ils représentent l’ascension plus ou moins stable dans la vie, vers un but qu’on recherche.

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Quelles sont tes influences majeures ?

Mon père fait de la peinture, il a un atelier en centre ville à Annecy, donc ça m‘a mis dedans.  Comme artiste, il y a Basquia, même si mon dessin n’a rien à voir,  il m’influence dans sa démarche et sa façon de créer.  Je peux citer Blue, Jr, Horfee, Nixon mais j’ai bouffé 6 ans d’histoire de l’art, y en a certainement plein d’autres…

Y a aussi l’illustration, la BD… Et le graffiti, l’univers du skate, de la ville. Puis je suis assez instinctif, y’a une inspiration de la vie de tous les jours, des petites histoires que je vis.

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Quelle est ta place au sein du collectif C’est beau ?

Quel genre d’évènement vous proposez pour faire découvrir le collectif ? 

Je fais partie des trois contributeurs de C’est Beau. On sort le site internet le 1er mai, je gère la rubrique consacrée à l’art. Plus une marque de vêtements avec ça et un gros événement le premier juin.

Tous les mois à partir du 7 mai, on va organiser une « expo-brocante ».  On récupère des objets de la vie quotidienne, puis on les peint. Pour la première ça sera de vieilles scies, sur la deuxième, des anciens casques de moto aviateur, etc. Et on changera de lieu et de quartier à chaque fois.

Quel est le rôle de l’espace Fresh Paint et du festival Under Pressure sur ta pratique artistique ?

La galerie a été un tremplin dans ma démarche artistique de base. Elle est devenue plus qu’une galerie pour moi, on n’a pas vraiment une relation galeriste/artiste. C’est devenu des amis et Sterling m’a vraiment aidé, par exemple pour le mur des Fouf’.

C’est donnant / donnant la relation que j’ai avec la galerie, c’est ça que j’ai aimé. Pour la dernière expo j’ai eu une pièce tout seul. C’est le principe d’une communauté : sans l’un, l’autre ne marche pas.

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MonstR et Beaux Dégâts ?

Les Beaux Dégâts, c’est vraiment un bel évènement, ça fait quasi 2 ans que ça existe. On est un peu les vétérans du truc avec Lucas {Saenger} ( LSNR ). Là, tu retrouves vraiment le côté « street-art » ; il faut peindre vite, sous la pression, saoul, et en compétition avec les artistes. C’est l’ambiance de la rue, à part le fait que ça soit pas illégal. D’ailleurs, j’ai un peu profité du système et j’ai changé pas mal de fois d’équipe pour pouvoir le refaire.

Projets (professionnel) à court ou moyen terme ?

J’ai une grosse murale avec Amnesia. Puis, un festival d’artistes que j’organise, en collaboration avec Raphaël {C’est Beau}, le restaurant Le Cabotin et le quartier  d’Hochelaga-Maisonneuve. Donc pas mal de trucs !
 

Pour en voir plus : http://www.lemonstr.com